Bien souvent nous prenons nos décisions de façon rationnelle. Après avoir pesé le pour et le contre, nous faisons le choix qui nous semble alors le plus sensé.

Néanmoins, envisager toutes les possibilités n’est pas toujours suffisant et quand la voix de la raison ne s’est plus quoi nous dire, il faut alors en écouter une autre, celle du coeur. Nous avons tendance à la faire taire par crainte d’être irrationnel et pourtant, il s’agit très souvent du meilleur conseiller.

Notre coeur voit ce qui nous échappe, nos émotions, nos impressions inexplicables sont dictées par le coeur et s’y fier peut être une option favorable si ce n’est la meilleure des options.

Lors d’un dilemme qui nous semble insurmontable, écouter son coeur est la seule chose qui nous permettra de faire un choix qui nous contentera.

Écouter son coeur, une boussole fiable

Nous avons tous ressenti ce sentiment qui vous donne un avis précis sur une situation ou une personne sans ce que nous puissions l’expliquer. Cette impression de savoir sans pourtant comprendre pourquoi, c’est l’intuition c’est-à-dire la voix du coeur.

Très éloignée de l’esprit, le coeur a une liberté totale quant aux décisions qu’il impose parfois. En effet, notre coeur n’est pas encombré par la pensée, les problèmes, les compromis, le besoin de stabilité, il n’a qu’une seule et unique réponse à une question qui nous semble si complexe. Jamais oppressante, notre intuition nous laisse la liberté de choisir ou non de l’écouter.

Ce flot intense et permanent d’informations, de changements nous oblige à faire taire cette petite voix bienfaitrice. Quoi de plus pure que ce qui vient du coeur ? Par crainte ou par raison, nous l’oublions et tâchons de suivre le chemin que notre esprit a tracé. Cependant, nous nous ne posons pas toujours les bonnes questions. Est-ce vraiment ce que je veux ?

La course au confort, à l’argent et à la réussite sociale nous éloigne du chemin du coeur. Elle nous éloigne de cette intuition qui sait ce qui est bon pour nous, qui nous évite d’avoir des regrets, qui nous donne une chance d’être heureux et de nous épanouir malgré tout dans une société semblable à une machine infernale.

Quand la vie que nous menons ne nous convient pas et nous présente à nouveau un choix cornélien, il serait judicieux d’ apprendre à écouter une bonne fois pour toutes le guide que nous avons tous en nous, celui qui nous veut du bien et qui nous connait mieux que nous nous connaissons nous-même, c’est-à-dire le coeur.

Face à la souffrance que nous nous infligeons et que nous infligeons aux autres par la même occasion, nous refusons trop souvent de suivre cette voie en essayant maladroitement de limiter les dégâts. Malheureusement, dégâts il y aura et ceci d’une façon inévitable.

La douleur fait partie de la vie, accepter de l’intégrer à son quotidien est un moyen d’accepter sa vie, de la vivre et de faire les choix qui nous correspondent, qui sont en adéquation avec nos principes, nos idées et nos rêves.

Écouter son coeur lors d’un choix difficile signifie avancer avec la certitude d’être sur le chemin que nous souhaitons poursuivre et non sur celui où les autres espéraient nous voir.

Être attentif à son intuition

Cette mauvaise habitude que nous avons de faire taire cette petite voix a abouti à une quasi incapacité à l’entendre de nouveau.

Il faut donc re-developper notre attention, ré-apprendre à l’écouter et à capter son message. Ce dernier n’est pas explicite, il ne s’agit pas de mots comme pour la pensée mais plutôt de sensations, d’émotions.

Il n’y a rien de plus intime que ce que notre coeur exprime. Submergée par notre mental qui est incapable être silencieux, notre intuition n’a donc plus la possibilité de s’exprimer et d’orienter nos choix.

Certain de résoudre un problème en y pensant, nous nous retrouvons alors dans un cercle vicieux qui nous empêchons littéralement d’entendre notre guide inné.

Ce blocage psychologique ne peut être levé qu’en se changeant les idées, et c’est justement ce changement d’environnement, de pensées qui laisse légèrement entrevoir le coeur et apporte très souvent la réponse aux questions qui nous rongent.

Le propre de l’expression de notre intuition est que justement elle ne s’exprime pas. Ou plutôt elle ne le fait pas de façon aussi directe que le mental.

Le savoir est la nourriture de l’esprit hors notre coeur, lui n’en a pas besoin. Il se détache de tout ce que nous avons appris, à sa propre vision de ce qui l’entoure, de ce qui nous entoure.

Cette clairvoyance bien supérieure à celle que nous pensons avoir par l’esprit est un atout qui se doit être exploré et exploité pour être satisfait des décisions prises.

Nos connaissances sont données par la société dans laquelle nous évoluons, cette même société qui porte en elle nos problèmes.

Voir au-delà de celle-ci, comme le fait si bien notre coeur, nous permet de nous détacher de cette pression environnante et apprendre à se projeter au delà des limites que notre monde nous impose.

En dépassant notre champs de vision, en écoutant attentivement ce coeur si longtemps mis à l’écart, nous pourrons décider de ce qui est bon ou pas pour nous-même et ce peu importe les circonstances.

Des manifestations propres à chacun

Il n’existe pas une seule et unique façon d’entendre son coeur, mais bien des millions, des millards. En fait, il en existe autant qu’il y a d’individus sur cette planète. Néanmoins, même si elles divergent toutes, on peut les regrouper en deux catégories : l’attention et le relâchement.

  • L’attention

Le coeur nous parle de multiples façons. Que ça soit par une pensée étrange au milieu d’un flux bien rectiligne, une envie soudaine d’accomplir quelque chose pour nous-même ou ceux que nous aimons, nous connaissons ou simplement croisons, le coeur se fait entendre au quotidien sans que nous nous en rendions compte.

Un acte de bienveillance, un don totalement désintéressé, une envie de se faire bien ou de faire le bien autour soi sont la liste non exhaustive des moyens qu’à notre coeur pour nous parler.

Il s’agit de manifestions ponctuelles qui s’écartent de la ligne directrice que nous nous sommes fixés, qui nous amènent à réaliser des actions qui nous semblent trop souvent inutiles car la finalité ne serra ni matérielle ni bénéfique au sens financier du terme.

On retrouve dans ces pensées le contexte sociétal qui nous a appris depuis notre plus jeune âge à agir pour engendrer des biens et de l’argent. Hors notre coeur, lui, est aveugle et bien loin de cet engrenage dénué d’humanité, de compassion et de bienveillance.

Parfois, ce sentiment se manifeste par justement le refus de faire ou continuer quelque chose. La volonté de poursuivre une action s’amenuise et nous ressentons le besoin de l’arrêter pour se préoccuper de ce qui est important pour nous.

Ce n’est pas un acte d’égoïsme, au contraire. Il s’agit plutôt d’un recentrage orchestré par notre coeur sur l’ordre des priorités.

Travailler trop longtemps pour autrui, donner de son temps et de son énergie en vain ou bien être dans une existence qui n’est pas la nôtre font partie des innombrables raisons pour lesquelles notre coeur se fait entendre pour notre bien.

Lorsque nous l’écoutons, il nous amène sur le chemin du questionnement personnel et alors qu’il nous impose les questions essentielles à notre bonheur pour, ensuite, nous apporter les réponses que nous connaissons déjà. En effet, nous les enfouissions sous le poids de la raison.

  • Le relâchement

Nous nous épuisons à résoudre des problèmes qui ne sont pas les nôtres. L’énergie que nous y consacrons semble être gaspillée et l’envie d’évincer ce problème présent depuis trop longtemps se fait ressentir.

Passer du temps avec ceux que vous aimez ou simplement profiter de ce qui vous plait vous permet de mettre un temps de côté cette confusion qui aurait de toute façon fini par nous écraser. Cette course effrénée à l’objectif ne peut être infinie.

En effet, le mental a une capacité limitée plus ou moins grande selon les individus. Au lieu de l’atteindre, pourquoi ne pas freiner le rythme avant et s’occuper de soi ? Le coeur saura nous avertir lorsque nous atteindrons le point de rupture, encore faut-il l’écouter pour ne pas y arriver en trombe.

Déconnecter, profiter et respirer nous donnera la réponse à notre problème. Ce choix qui si nous semblait alors si complexe s’imposera à nous naturellement.

Cette facilité déconcertante qu’à le coeur à nous répondre doit être écoutée et choyée. Malheureusement, l’énergie et le temps passés à chercher une solution grâce à l’esprit ne peuvent être rattrapé, c’est pourquoi il est capital d’apprendre à suivre son intuition.

En plus de gagner du temps, une grande sérénité entourera vos choix. Lâcher-prise est une façon d’écouter son coeur et de ré-apprendre à lui faire confiance, à se faire confiance.

Une introspection nécessaire

L’introspection, du latin « intropectus » qui signifie « regarder à l’intérieur » de soi, est un moyen de se focaliser sur ses sensations, ses émotions et ses pensées.

Cette méthode a pour but de découvrir ce qui se cache au fond de nous, de déterrer tous nos secrets et ainsi d’apprendre à se connaître dans son intégralité.

Elle a pour objectif d’effectuer un travail sur soi, de s’améliorer et de s’accomplir. Cette étape cruciale passe inévitablement par un questionnement.

Qu’il soit global ou axé sur une situation précise, ré-apprendre à suivre son instinct passe obligatoirement par une série de questions que l’on se pose à soi-même.

Se confronter à sa vie, faire le point, définir si oui ou non nous menons la vie que nous voulons ainsi que déterminer l’importance que nous accordons à la raison et au coeur.

Pour avancer positivement, faire des choix qui nous correspondent il est important de se rendre compte de la réalité qui nous entoure et percevoir clairement notre existence à un instant T.

Sans mensonge, sans artifice, il faut dresser le bilan de sa vie pour obtenir sa vérité. Avoir l’esprit clair pour laisser parler son coeur est indispensable au cheminement.

Des questions simples avec des réponses simples qui viendront naturellement. Encore une fois, il ne faut pas essayer de biaiser cette interrogatoire entre nous et notre coeur.

En effet, longtemps silencieux, il a donc énormément de choses à nous dire. Est-ce que je suis heureux ? Est-ce bon pour moi ? Qu’est-ce qui me ferrait plaisir ? D’où vient ma souffrance ? Autant d’interrogations auxquelles nous pouvons aisément répondre à condition d’accepter la réponse.

Même si cela n’est pas toujours facile d’être confronté à la réalité de notre état, il est nécessaire de passer par là pour ouvrir le chemin du coeur. Faire le point sur soi demande un peu de temps et la prise d’une petite pause est souvent nécessaire.

Dresser un bilan est un bon moyen de repartir l’esprit léger et le coeur heureux car les problèmes qui nous rongeaient seront résolus aussitôt notre introspection terminée.

Affronter ses peurs

La peur est un frein non-négligeable. En effet, nous passons notre vie à avoir peur des autres mais aussi de nous-même. Cette crainte omniprésente ne nous quitte et ne nous quittera jamais, c’est pourquoi il faut apprendre à la surmonter pour imposer ses décisions et vivre pleinement une vie qui nous offre une infinité de possibilités d’être heureux.

Chaque choix que nous faisons à des conséquences sur notre futur mais pas que. Il affecte plus ou moins directement l’avenir des autres, en bien ou en mal, nous laissons notre empreinte partout et il est important d’en avoir conscience.

Néanmoins, il ne faut pas maximiser cet impact et en faire un obstacle insurmontable. Nos choix nous sont propres et rythmeront notre quotidien en permanence. Ainsi ils seront l’aboutissement d’une pensée. Nous ne sommes rien d’autre que les choix que nous faisons, c’est pourquoi il est vitale de faire les bons même si ils sont douloureux et effrayants.

Faire les bons ne signifie pas qu’ils sont bons pour les autres, mais qu’ils sont bénéfiques pour soi, qu’ils ont une finalité positive sur notre vie et sa perception. Chaque décision est semblable à un saut dans le vide, cette chute entraine un peu de votre monde avec elle et cela n’est pas toujours négatif.

Abandonner en route un compagnon, un projet, un quotidien semble insurmontable et pourtant c’est parfois la seule façon d’avancer dans la direction que nous cherchions à un rythme qui est le nôtre. Agir en fonction de ce que nous ressentons nous donne l’assurance que la société essaie de nous enlever.

Ré-apprendre à écouter son coeur est une façon de ré-apprendre à être soi. Il est en effet le juge le plus juste que nous puissions trouver. Certes, la peur de souffrir ou de faire souffrir sera présente peu importe la voix que nous entendons, en revanche, celle du coeur nous indiquera toujours la voie à emprunter, celle qui est la plus juste, la plus vraie selon notre point de vue.

Un être, deux combats

La spontanéité définit une réponse du coeur. Cette pensée ou cette sensation immédiate se manifeste dés lors que la situation débute, et, au lieu de s’y accrocher, nous la noyons sous une suite interminable de raisonnements.

Ce message pourtant clair se trouve alors en opposition avec la critique, le jugement et l’accusation que notre mental exerce sur moi. Nous nous focalisons sur le fait de devenir plus performant au lieu de chercher à être meilleur humainement.

Nous mettons notre idéal de côté pour satisfaire notre ambition matérielle. De plus, nous cloisonnons aussi cette même ambition en posant des limites imaginaires par manque de confiance en soi.

Notre coeur, lui, nous offre la possibilité d’aller au-delà, de réaliser ce qui est grand, trop grand, pour nous. Il ne perd jamais espoir et ouvre toutes les portes que nous pensions closes. Les objectifs intenables, les désirs volatiles, notre guide souvent incompris, ne s’accroche pas à ces illusions, à ces caprices de l’esprit.

Il sait comment et où nous mener pour que nous puissions nous developper personnellement et accomplir enfin ce qui devait l’être. Marie-Jeanne Riccoboni, noble déchue et romancière, a si joliment résumé le rôle de ces deux voix : « La raison contrarie le cœur, et ne le persuade pas ».

En effet, la raison est altérée par les forces extérieures, elle s’use, se transforme, évolue en fonction de la connaissance grandissante alors que le coeur est au dessus de ce vacarme et voit ce que personne d’autre ne voit.

Il a la faculté de résister à ce qui nous entoure en se concentrant sur notre bien-être sans jamais changer de cap.

Pour conclure

Ecouter son coeur signifie être attentif à ses émotions, à ses sentiments et ses intuitions.

Lors d’un choix cornélien, la voix du coeur saura nous apporter une réponse claire et dans votre intérêt alors que celle de la raison nous ferra peser le pour et le contre, prendre en compte un nombre incalculable de critères parfois dérisoires, suivre une route qui ne nous ressemble pas pour satisfaire l’ensemble.

En effet, cette petite voix est bien plus que l’expression de l’amour pour soi ou pour autrui, il s’agit d’un guide juste et désintéressé qui résiste à la pression que le mental lui inflige.

Au delà du cadre, de la société, des attentes, du travail et du profit, l’intuition, cette impression inexplicable, nous offre une clairvoyance sur nos problèmes et leur réponse.

Apprendre, ou plutôt ré-apprendre, à l’écouter est le premier pas vers une existence satisfaisante et des choix qui nous comblent peu importe le prix.

Accepter qui nous sommes et l’environnement qui nous entoure en ayant conscience de son libre arbitre demande un travail sur soi-même au quotidien.

En dégageant la voie qui est la nôtre, nous comprenons à retrouver la confiance perdue, à tendre la main par bienveillance, donner sans rien à attendre et à relativiser sans culpabiliser.

La vie est un apprentissage de tous les jours. Les aléas auxquels nous sommes confrontés sont des défis à relever et non des obstacles à surmonter.

Notre coeur est le plus apte à nous servir de carte pour ne pas se perdre dans ce vaste monde et y trouver les repères nécessaires pour prendre sereinement les décisions futures.